Franck Muller, l'outsider qui mise sur la créativité pour perdurer

Franck Muller, l'outsider qui mise sur la créativité pour perdurer
Franck Muller, l'outsider qui mise sur la créativité pour perdurer

Alors que le monde de l'horlogerie est confronté à des turbulences, le patron de Franck Muller compte sur l'indépendance de la marque et sa notoire créativité pour garder le cap. Il mise également sur son plus grand marché, le Japon, ainsi que sur l'Amérique latine.

Cette maison d'horlogerie de luxe a été fondée à Genève. (Photo : libre de droits) Cette maison d'horlogerie de luxe a été fondée à Genève. (Photo : libre de droits)

Le patron de Franck Muller compte sur la créativité de sa marque pour garder le cap dans le contexte actuel. L'entreprise, qui emploie un millier d'employés en Suisse dont près de la moitié répartie entre Le Locle, La Chaux-de-Fonds et Les Bois, tient un salon privé au domaine du Grand Malagny, dans le village genevois de Genthod, où se trouve également sa manufacture.

"Ce salon a été créé en 1996 et nous avons l'intention de continuer. Cela nous donne la température pour l'année", a déclaré mercredi à l'agence AWP le directeur général de la maison horlogère, Nicholas Rudaz, alors que clients et distributeurs déambulent entre les montres exposées dans un cadre à la fois champêtre et luxueux. "Franck Muller a toujours été un outsider et cela a toujours été la force de la marque de se différencier dans les complications et dans les conceptions", ajoute-t-il.

A la tête de l'entreprise depuis 2021, M. Rudaz reconnaît que les temps sont plus moroses avec une baisse des ventes, dont il ne donne pas l'ampleur. Mais à ses yeux, "c'est dans ces moments-là qu'on se doit de rester encore plus créatifs et d'inventer de nouvelles raisons d'acheter des produits".

"Et puis, nous travaillons essentiellement avec des distributeurs locaux, ce qui nous permet de nous concentrer sur le dessin et la production de nos montres", souligne-t-il. L'horloger compte plus de 600 points de vente multimarques dans le monde et 50 boutiques monomarques.

Le chiffre d'affaires de la société, détenue par un seul actionnaire, son co-fondateur Vartan Sirmakes, est estimé entre 300 et 400 millions de francs. "Actuellement, il est plus juste de parler de 300 millions", révèle le responsable.

"Il y a toujours eu des hauts et des bas dans l'horlogerie, mais nous avons cet avantage de ne pas dépendre des banques, d'être libres. Cela nous donne la flexibilité d'acheter de l'or, des diamants, de rester créatifs", explique-t-il.


"Toujours un marché qui va mieux que l'autre"

Franck Muller était prisé auprès des touristes chinois, moins dépensiers aujourd'hui alors qu'ils généraient d'importantes ventes au Vietnam, à Singapour et au Japon. L'entreprise prévoit toutefois de développer ses affaires en Chine à travers le distributeur Cortina, basé à Singapour.

Depuis les années 1990, son plus grand marché demeure le Japon, avec une part de revenus se montant à 20%. "Notre renommée y est immense, nous y organisons même des mariages et y vendons du mobilier, c'est assez atypique", commente M. Rudaz.

Les autres gros débouchés sont Hong Kong, le Moyen-Orient et les Etats-Unis. Au pays de l'oncle Sam, la marque fait environ 15% de ses recettes et considère qu'il existe "un gros potentiel de développement".

Et le patron assure ne pas se faire trop de soucis à la perspective de possibles tarifs douaniers imposés par l'administration Trump. "Notre liberté est inestimable, car elle nous permet de toujours nous adapter. Le cas échéant, nous appliquerons les taxes et les Américains achèteront davantage de montres à l'étranger quand ils voyageront".

L'horloger entend également s'étendre en Amérique latine où il a ouvert quinze points de vente l'an dernier. "Lorsqu'un marché ne va pas, il y a toujours un qui se porte mieux", lance M. Rudaz en souriant.

Il met également en avant le fait que la marque offre une large palette de prix, allant de 5000 francs à plusieurs millions. "Cette diversification est nécessaire, aussi bien dans les prix que dans les compétences, car il y a de des modèles qui sont plus populaires dans un pays que dans un autre"./ATS



 

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