Le projet HOPE-S, développé à la HE-ARC, a été présenté ce jeudi à Microcity à Neuchâtel à l’occasion de la 2e Journée InnoSanté. Ce logiciel est capable de détecter si un individu est suicidaire et de l’orienter vers des services appropriés.
Comment la technologie peut-elle réinventer notre médecine ? Microcity, à Neuchâtel, accueille ce jeudi la deuxième édition de la Journée InnoSanté. Ce rendez-vous est organisé conjointement par les services de la santé publique et de l’économie du canton de Neuchâtel. Il réunit les pouvoirs publics, le corps médical, les entreprises et les milieux académiques autour des défis de l'innovation et de la transformation numérique dans le secteur de la santé. Emmanuel de Salis, enseignant et chercheur à la HE-Arc, spécialiste de l'intelligence artificielle, a présenté à cette occasion le projet HOPE-S, un chatbot intelligent conçu pour détecter la détresse psychologique et prévenir les risques de suicide. Un projet qui est né d’une constatation de terrain, comme il l’a expliqué jeudi dans La Matinale. « Les jeunes actuellement se tournent beaucoup vers les chatbots pour du soutien psychologique. Aux États-Unis, en 2025, un jeune sur huit a utilisé ChatGPT ou un autre outil comme psy personnel. » Emmanuel de Salis a rappelé que le suicide est la 4e cause de mortalité chez les 15-29 ans. Pour créer HOPE-S, les chercheurs de la HE-ARC ont travaillé en collaboration avec des professionnels de la santé, mais aussi des patients. Pour Emmanuel de Salis, il était très important de comprendre ce dont les gens avaient besoin, mais aussi quels étaient les risques et les attentes afin de proposer un programme pour les aider.
Un chatbot adapté aux personnes suicidaires
On l’a dit, les chatbots sont déjà utilisés aujourd’hui par les personnes en souffrance, notamment celles qui ont des envies suicidaires, mais « ces outils ne sont pas conçus pour cela et ils tombent dans différents pièges. (…) ChatGPT pourrait donner des informations proches d’un diagnostic médical ou répondre à des questions pièges. Par exemple, si quelqu’un demande des informations sur une dose létale de médicament, ChatGPT, pour rassurer la personne, pourrait risquer de donner trop d’informations. »
Le but d’HOPE-S n’est pas de remplacer les psychiatres, les médecins ou les personnes-ressources, mais de rediriger la personne en souffrance vers les professionnels.
Le logiciel n’est pas encore mis à la disposition du public, mais Emmanuel de Salis et son équipe souhaitent poursuivre leur recherche pour qu’à terme il le soit. /sma









